Samedi 3 mars 2007
C'est très simple, si vous en avez une face à vous aux Urgences ou n'importe où, appellez la systématiquement "infirmière". D'autres le font, après tout, pourquoi vous priver ?
Message au brave (tout au fond de lui, je n'en doute pas) malade qui hier, en dépit de la douleur que lui causait son angiocholit a trouvé la force de demander à la chir qui se présentait à lui de façon pourtant explicite (bonjour, je suis votre chirurgien, on va vous opérer de la vésicule blabla) "Mais, il est où LE chirurgien":
Si j'avais été à sa place, je vous aurais pas seulement enlevé votre vésicule, je vous aurais tatoué mon nom sous le téton, ou mieux, "un jour, une femme m'a pénétré" ou dessiné un petit symbole "girl power" quelque part sur votre corps. Je vous laisse deviner où.
J'ai bien conscience que c'était pas du sexisme volontaire de votre part, que c'était un réflexe de votre insconscient, vous vous attendiez à un chirurgien bronzé et baraqué et vous avez devant vous une femme, vous êtes désemparé. Mais c'est encore pire finalement, parce que ça veut dire que c'est une certitude bien ancrée en vous chir=homme.
"Vous êtes l'infirmière ?"
"Non". Connard, d'ailleurs si tu regardais bien, j'ai pas une tenue d'infirmière, d'ailleurs ton infirmière vient de quitter la chambre, d'ailleurs je me suis déjà présentée hier mais on va faire comme si de rien n'était (Tout ce qui est hors guillemets m'a toujours brûlé les lèvres mais ne les a jamais franchies).
Combien de fois ai je eu cette conversation ? Avec des hommes, souvent, des femmes aussi, des vieux souvent, mais des jeunes aussi. Pas quotidiennement, mais trop souvent, malgré tout.
Non pas que le fait d'être confondue avec une infirmière me pose problème en soi. Mais que certains déduisent systématiquement, parce que je ne suis pas un mec, que je suis sans doute une infirmière m'en pose un. Ou qu'on continue à m'appeller infirmière après que j'ai posément expliqué les choses. (et qu'on le fasse aussi à mon interne (qui n'est pas non plus un mec) ne me rassure pas vraiment)
De même que ça me pose problème qu'on me demande "mais votre collègue il veut pas me la faire la ponction là ?", Non, il veut pas, parce que c'est un stagiaire de 2ème année qui voulait voir comment on ponctionne de l'ascite, et que moi, justement, j'allais lui montrer, parce que je sais, voyez vous. Mais, si vous y tenez vraiment, oui je peux le laisser faire, après tout il est là pour apprendre le jeune homme. Et je peux même sortir de la chambre si je vous gêne.
Alors juste une mise au point.
Habituez vous très vite, parce que à l'avenir, une majorité de médecin seront des femmes. Même votre urologue -j'en connais. Alors préparez vous, parce que si en arrivant dans leur cabinet vous les confondez avec leur sécrétaire, vous aurez l'air fin.
Et vous savez pourquoi ? Parce qu'on a été meilleures en première année, qu'on en a chié pendant toutes nos étude pour devenir compétentes (parce que je n'en doute pas, je verrais le bout de ces études, un jour), tout autant que nos copains mecs, mais en devant en plus supporter les allusions plus que douteuses de certains médecins (si l'esprit carabin est souvent drôle, les libidineux mal placés sont justes pathétiques, de même que les mysogines encore persuadé qu'on fait médecine "pour se trouver un mari". Ouais, si j'étais lesbienne, ça pourrait peutêtre être un bon plan), ou le sexisme latent de gens comme vous.
Alors, en toute sobriété, la prochaine fois que je vous sourirais en répondant "non, je ne suis pas l'infirmière, comme je vous l'ai dit hier je suis externe, donc étudiante en médecine", sachez que derrière cela je pense :
Fuck off. Connard. (on ne se refait pas, je n'ai jamais su être classe dans l'exaspération)
Message au brave (tout au fond de lui, je n'en doute pas) malade qui hier, en dépit de la douleur que lui causait son angiocholit a trouvé la force de demander à la chir qui se présentait à lui de façon pourtant explicite (bonjour, je suis votre chirurgien, on va vous opérer de la vésicule blabla) "Mais, il est où LE chirurgien":
Si j'avais été à sa place, je vous aurais pas seulement enlevé votre vésicule, je vous aurais tatoué mon nom sous le téton, ou mieux, "un jour, une femme m'a pénétré" ou dessiné un petit symbole "girl power" quelque part sur votre corps. Je vous laisse deviner où.
J'ai bien conscience que c'était pas du sexisme volontaire de votre part, que c'était un réflexe de votre insconscient, vous vous attendiez à un chirurgien bronzé et baraqué et vous avez devant vous une femme, vous êtes désemparé. Mais c'est encore pire finalement, parce que ça veut dire que c'est une certitude bien ancrée en vous chir=homme.
"Vous êtes l'infirmière ?"
"Non". Connard, d'ailleurs si tu regardais bien, j'ai pas une tenue d'infirmière, d'ailleurs ton infirmière vient de quitter la chambre, d'ailleurs je me suis déjà présentée hier mais on va faire comme si de rien n'était (Tout ce qui est hors guillemets m'a toujours brûlé les lèvres mais ne les a jamais franchies).
Combien de fois ai je eu cette conversation ? Avec des hommes, souvent, des femmes aussi, des vieux souvent, mais des jeunes aussi. Pas quotidiennement, mais trop souvent, malgré tout.
Non pas que le fait d'être confondue avec une infirmière me pose problème en soi. Mais que certains déduisent systématiquement, parce que je ne suis pas un mec, que je suis sans doute une infirmière m'en pose un. Ou qu'on continue à m'appeller infirmière après que j'ai posément expliqué les choses. (et qu'on le fasse aussi à mon interne (qui n'est pas non plus un mec) ne me rassure pas vraiment)
De même que ça me pose problème qu'on me demande "mais votre collègue il veut pas me la faire la ponction là ?", Non, il veut pas, parce que c'est un stagiaire de 2ème année qui voulait voir comment on ponctionne de l'ascite, et que moi, justement, j'allais lui montrer, parce que je sais, voyez vous. Mais, si vous y tenez vraiment, oui je peux le laisser faire, après tout il est là pour apprendre le jeune homme. Et je peux même sortir de la chambre si je vous gêne.
Alors juste une mise au point.
Habituez vous très vite, parce que à l'avenir, une majorité de médecin seront des femmes. Même votre urologue -j'en connais. Alors préparez vous, parce que si en arrivant dans leur cabinet vous les confondez avec leur sécrétaire, vous aurez l'air fin.
Et vous savez pourquoi ? Parce qu'on a été meilleures en première année, qu'on en a chié pendant toutes nos étude pour devenir compétentes (parce que je n'en doute pas, je verrais le bout de ces études, un jour), tout autant que nos copains mecs, mais en devant en plus supporter les allusions plus que douteuses de certains médecins (si l'esprit carabin est souvent drôle, les libidineux mal placés sont justes pathétiques, de même que les mysogines encore persuadé qu'on fait médecine "pour se trouver un mari". Ouais, si j'étais lesbienne, ça pourrait peutêtre être un bon plan), ou le sexisme latent de gens comme vous.
Alors, en toute sobriété, la prochaine fois que je vous sourirais en répondant "non, je ne suis pas l'infirmière, comme je vous l'ai dit hier je suis externe, donc étudiante en médecine", sachez que derrière cela je pense :
Fuck off. Connard. (on ne se refait pas, je n'ai jamais su être classe dans l'exaspération)
par Ephélide
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