Vendredi 5 janvier 2007
Voilà une semaine j'étais satisfaite du changement de mon terrain de stage : En effet je suis, depuis le 2 janvier au matin en stage dans un service de Chirurgie. Orthopédique pour être précis. C'était avant de commencer ce stage.
Où j'allais avec un à priori plutôt positif, essayant bravement de mettre de côté les clichés de ces gros salauds de chirurgiens. Ceux que j'avais (occasionnellement) côtoyés pendant mon stage précédent ne paraissaient après tout pas si terribles
. Cet enthousiasme aveugle fut vite douché, croyez moi, par la rencontre avec mon CCA. Avant que je vous explique ces menus détails qui font le charme du quotidien de l'externe en chir, laissez moi vous présenter mon nouveau CCA (Chef de Clinique Assistant, en gros un jeune médecin responsable également de l'enseignement aux internes et, pour mon malheur, aux externes).


Physiquement (oui je commence toujours par les attaques physiques, c'est gratuit et ça fait du bien), il a la coupe de cheveux et le profil de Godefroy le Hardy. J’ai sans cesse la vague impression qu’il va se mettre à hurler « Montjoie ! Saint Denis ! », et nous exhorter à charger les Sarazins.
Si seulement.


C’est un nerveux, un colérique, un impulsif
.
Je crois que la meilleure illustration est ce qui s'est passé mercredi matin.

Monsieur semblait de mauvais poil. Moi et mon coexterne avions assistés médusés à une engueulade en règle de l'interne sortant de garde, au terme de laquelle il apparut que l'interne n'était aucunement en tort.


C'est la visite. On entre dans la chambre d’un patient. Je souris. Une combinaison de réflexe pavlovien en accompagnement de mon « bonjour », mon naturel plutôt souriant, et aussi parce que le CCA venait de fourrer dans la main de mon co-stagiaire tous les papiers qu’il tenait, sans un mot, dans le plus pur style « tiens, esclave. » qu'il pratiquait depuis le début de la visite (mon co-stagiaire lui ayant servit de porte-stétho, etc, sans un mot de remerciement à son égard). J’affiche donc un quart de sourire.
Et c’est le drame, si vous me pardonnez cette formule trop usée.
Godefroy se retourne vers moi, me regarde comme si je venais de lui pisser dans ses poches de blouse, et a un geste vers la porte restée entrebaillée. Me méprenant sur ses intentions j’esquisse un geste pour la fermer complètement.
Ah, tiens, Non, ce n'était pas ça, de toute évidence.
Il s’abat sur moi,
tel la vérole sur le bas clergé, le visage furibard. D’une main ferme, il me chope le bras, m’emmène hors de la chambre, ferme la porte et à ma plus totale surprise, j’essuie la plus monstrueuse gueulante que j’aie jamais eue à encaisser à l’hôpital.
En fait la seule. Et sans doute la plus méprisante, jamais subie, tout court.

Totalement prise au dépourvu, j’expérimente un nouveau rôle pour moi : le Punching Ball humain.
Il m’assène « J’ai remarqué que tu riais et souriais beaucoup. C’est lamentable. On fait un métier sérieux, si tu ne comprends pas ça, change tout de suite de métier» etc etc (Authentique)

Avec le volume sonore d’un entraîneur de Rugby appelant son milieu de terrain depuis le banc de touche et l’agressivité d’un pitbull, il tacle directement les tibias de ma vocation médicale.  Il me broie le bras (sa main fait aisément le tour de mon biceps), et à son ton, j’ai le sentiment d’être une trace de merde de chien écrasée sous sa semelle.

Il voudrait me déstabiliser gratuitement qu’il ne s’y prendrait pas autrement.


Je dois avouer avoir été tellement surprise par la violence de sa diatribe, que, durant ¼ de seconde, j’ai eu peur de me pisser dessus.
Au sens propre du terme.
D’autres auraient eut une réaction d’orgueil, auraient protesté,  (Une réponse valable mais hasardeuse eut été « écoute connard, t'as le droit d'être énervé, mais moi j’y suis pour rien, hein, et sourire en disant bonjour n’est pas encore un crime… Par ailleurs, parler à ton malade de la sévérité de son état c’est bien, le faire avec ménagement, c’est mieux »). Mais non, moi, je reste abasourdie et mobilise l’ensemble mes facultés intellectuelles pour faire ce qu’un gosse de maternelle accomplit au quotidien sans y penser : contrôler mes sphincters.
Cela en dit long sur ma Grande Classe, et mon côté Glamour.

L’avantage étant que je me suis alors tellement concentrée sur mes sphincters qu’une partie de la violence de la chose m’est passée à côté.


Ce qui en dit long sur Sa grande classe étant ces  faits :

- Il mesure 20cm, pèse 30kg, a 15ans de plus que moi, et a, à la fois un ascendant hiérarchique et pédagogique sur moi. J'étais ce matin là, probablement la personne la plus vulnérable : la plus jeune, externe, et par-dessus seule représentante du sexe féminin de l’équipe médicale. Et sur qui choisit il de se passer les nerfs ?
Moi. Comme je suis surprise.
Il n'aurait jamais fait l’erreur de se mettre à dos, volontairement, une infirmière ou AideSoignante. Elles sont indispensables aux soins de suite et le maintient d'une relative bonne ambiance inter équipes méd/paramed est indispensable. Ca s'appelle des intérêts bien compris.
Par contre, moi, une externe, cela n’a aucune conséquence. Mais alors vraiment aucune. Son attitude avec moi peut être méprisable, lamentable, personne ne viendra la remettre en question. D'autant qu'il se complaît dans son rôle de "chir un peu dur avec ses étudiants" (ainsi qu'il se perçoit manifestement), alors mes protestations n'y changeraient rien. J'ai connu des médecins "un peu durs avec les étudiants". La différence fondamentale avec lui étant qu'ils ne confondaient pas dureté pédagogique et attaques personnelles gratuites. Je suis la première à admettre que si je passe une borne un médecin est en droit de me remettre à ma place. Croyez moi, les seules bornes franchies ce matin là n'étaient pas de mon fait.


- Il se comporte aussi comme ça avec ses internes étrangers, profitant de leur français hésitant pour se lancer dans d’homériques gueulantes avant de reconnaître que, peut être, finalement, l’interne n'avait pas tort. Le pire étant que les internes ont intégré ce traitement comme normal. Hier matin, j'ai cru qu'un des internes aller pleurer de joie quand ce CCA lui a dit "c'est bien tu as raison". Il s'est retourné vers nous et nous a dit "c'est la première fois qu'il me dit ça". Cette réplique est particulièrement savoureuse quand on sait que cet interne a commencé son stage voilà deux mois.


- Il a tellement d’empathie qu’il a balancé à un malade (celui auquel j'avais souri) de grandes vérités sur l’état très critique de sa cheville (en substance qu'il risquait de ne plus jamais pouvoir marcher correctement, le monsieur étant jeune et sportif),  avec à peu près autant de ménagement que ma concierge quand elle explique aux souris qu’elles ne peuvent pas vivre dans nos caves (comprennez: à grands coups de Mort au Rats).
Revenant dans la chambre faire l’observation du malade, je ramasse les morceaux. « Dites, il m’a vraiment foutu les jetons votre patron », me dit le malade,
au bord des larmes. Je tourne 7fois ma langue dans ma bouche pour ne pas répondre « oui, à moi aussi il me fait peur ». Cet homme devant se faire opérer l’après midi même, je décide de le laisser dans l’ignorance de quel psychopathe son chirurgien est.

Décidemment, la vie d'externe est un bonheur qui se savoure au quotidien.

Par Ephélide - Publié dans : Galères
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Samedi 30 décembre 2006
Une chose que l'on découvre en travaillant sa sémio et son anat : les médecins fameux dont les noms baptisent les aîles et pavillons de nos hôpitaux ne se privaient pas d'être poètes en nommant les signes cliniques ou syndrômes qu'ils décrivaient.
Enfin, beaucoup assouvissaient avant tout leur mégalomanie et les nommaient d'après eux mêmes,  et c'est ainsi que tu as en toi, lecteur, une bronche parmi tant d'autres, qui au lieu d'être décrite comme ses soeurs par sa position anatomique (genre latéro supérieure gauche), fut baptisée voilà longtemps "Bronche de Nelson", va savoir pourquoi.
Le Nelson en question a probablement décrit cette bronche en particulier, mais personnellement, dire qu'il y a une bronche dans un poumon, sans vouloir paraître mesquine, j'ai du mal à voir l'exploit.
Enfin, passons. Il y a les mégalomanes, donc, et les poètes.

Qui vous décrivent, entre autres, des "yeux en coucher de soleil".
Sans photo à l'appui, l'externe lambda que je suis est perplexe.
L'externe lambda a alors recours a son plus cher ami en matière d'imagerie médicale "Google image". Je ne plaisante pas. Tapez "chancre" dans google image, vous verrez, il y a de l'image de qualité (et de quoi être calmé).
Bref, je tape "yeux en coucher de soleil", et paf, entre autres photos (prévisibles) de... couchers de soleil, je tombe sur les yeux de cocker de Patrick Bruel, qui a manifestement chanté en son temps "coucher de soleil dans tes yeux". D'après mon bouquin, ces fameux yeux... sont le symptôme d'un problème au niveau du cerveau (en très très gros).
No comment.
J'en ris encore.

Tout ça parce que, je ne savais pas comment dire : "j'ai vu mourrir deux personnes cette semaine, une femme vendredi matin, tout est allé très vite, et ce fut sous mes doigts immobiles parce qu'il n'y avait plus rien à tenter; et un homme, très jeune, pour qui tout devait être tenté, qui allait tellement mieux. Mais il a rompu une artère dans ses voies aériennes, hémorragie cataclysmique et, en une minute, il s'est vu mourir sous nos yeux impuissants. Ceux qui savent ce que c'est s'imaginent aisemment l'horreur, les autres ont de la chance". 
Mais, vous voyez, je ne savais pas vraiment quoi dire d'autre, ce soir.
Mon stage là bas s'achève, et c'est tant mieux.
Par Ephélide - Publié dans : Avec la blouse, avec le badge
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Jeudi 21 décembre 2006
Ma mère fait des flans dégueulasses pour le commun des mortels, sans sucre, "pour finir le lait", comme elle dit. Elle y jette pommes oeufs et farines au jugé. Parfois il dégouline, et parfois il est sec et luit comme du cellophane, mais je l'aime -je n'aime pas les desserts normalement. Et je le mange en tapant ceci, libre à vous d'y voir un parallèle.

Dimanche soir dernier, garde dans une autre réa, "une vraie", serai je tentée de préciser, en tout cas pas dans ce fameux centre contre le cancer. Pathologies plus aiguës, plus communes, plus variées, patients aux histoires radicalement différentes.

Me voilà dans la chambre de cet homme, il a une trentaine d'années, à moitié paralysé, encore, mais une patate d'enfer, là depuis une vingtaine de jours, il appelle le chef de clinique par son prénom et lui emprunte ses bds. Le chouchou de tous, me confie l'interne alors que, à l'extérieur de la chambre, je lui demande à voix basse, pourquoi est il là ?
Maladie de pas super pronostic, tu perdras lentement contrôle et mourras jeune, camarade.
Sur le mur en face de son lit, le panneau velleda magnetique où on accroche les résultats d'examens et autres feuilles de températures, est à moitié dégagé de nos papiers barbares pour laisser place à de grandes photos de sa fille, bébé à l'oeil étonné d'une dizaine de mois.
Son volontarisme et son sourire me serrent le coeur, tu iras mieux provisoirement, mais bientôt ta fille verra son père dépérir, tu te verras décrépir, conscient jusqu'au bout.
Je n'ai pas pitié, j'éxècre pité et commisération, d'ailleurs tu n'attends pas ça de nous, et elles sont mauvaises conseillères et infectes de bons sentiments très mal placés, mais tout de même.
Le coeur serré. Tout cela ne devrait pas planer sur vous.

L'équipe infirmière, majoritairement masculine, de ce soir chahute, je suis baptisée à grands coups de d'antiseptiques colorés, ils jouent les innocents je me venge et finis avec du yaourt dans le dos.
File sous la douche avant de croiser une famille, et change mon pyjama.

Amené par le samu, monsieur truc a eu très mal à la tête et a fini par perdre conscience après une phase de paralysie. Sa famille a appelé le samu, passage aux urgences d'un autre hôpital il est récusé de neurochir, avant d'atterir dans notre réa. Au scan son tronc cérébral était noyé de sang.
Il était bien portant et n'avait aucun antécédent, rien de rien, même pas du cholestérol, 69 ans et il est mort comme une lampe claque, sans s'être vu partir.
Sa famille est pour, et même à son âge c'est possible, alors ses reins aideront deux malades, au moins.


L'hôpital me hante, non pas comme ces clichés de cinéma, (je ne m'effondre pas en pleurant en hurlant contre cette chienne de vie (sauf une fois mais c'était différent), je dors la nuit, je ris, sors, mange, bois et fume parfois), mais comme un parfum de pourriture insidieux, qui corrompt chaque instant si je n'y prends garde. 
Cinéma, je regardais audrey tautou fumer ses longues clopes, pseudo femme fatale de film en noir et blanc, en s'envoyant du champagne, et tout ce que j'ai pensé, c'est "ma vieille, fais gaffe au cancer de la gorge". Super.
Par Ephélide - Publié dans : Avec la blouse, avec le badge
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Samedi 16 décembre 2006
La question du moment, qui divise l'amphi, crée des clans, réveille de vieilles animosités, n'est pas qui va prendre la garde du 31 décebre et du 24 au soir et du 25 journée, non, cette question là s'est reglée dans le sang il y a déjà trois mois, mais bien le dilemme de l'étudiant en médecine français qui prépare l'internat :

Dois je prendre une Conf ? Et si oui, laquelle ? Hippoptome, Hermetique, ou Emirat (comme nous surnommerons ici pour ne pas leur faire de leur pub les principales parisiennes).

Lecteur, je te sens déçu. C'est que tu ne saisis pas tout l'enjeu de la question. Petit rappel, pour les non initiés (bénis soient ils), les autres pouvant sauter les paragraphes à venir.

Les études de médecine Française ont ce charme particulier d'être sanctionnées par deux grands concours. Schématiquement, un pour y entrer, et un pour en sortir.
En fin de première année, entre 1/6 et 1/10 de la promo seulement (en fonction des facs, des quotas, du nombre d'inscrits etc), sont autorisés à passer en deuxième année. C'est le fameux Numérus Clausus, dont le gouvernement nous anonce régulièrement des hausses spectaculaires, annonce particulièrement drôle à entendre quand on comprend ensuite que cette hausse sera étalée sur 6ans donc que l'augmentation annuelle sera la même que celle des 10 dernières années.
Et le concours de l'internat, bien sûr  (Enfin, "Epreuves Nationnale Classante", comme il faut maintenant l'appeller), que nous devons tous passer en fin de 6ème année et à l'issue duquel un classement de tous les candidats est établi. Ensuite le plus ou moins heureux lauréat choisi dans un vaste panel de spécialités (de médecine générale à radiologue en passant par chir, spé medicales etc...), en fonction de son ordre de classement, et passe du statut d'externe, au très envié (c'est à dire très envié par les étudiants des 6années précédentes) statut d'interne. Le nombre de postes offert par villes étant limités, tu as compris lecteur qu'il vaut mieux être bien classé pour pouvoir choisir de faire la spé qu'on veut dans la ville qu'on veut.

Inutile de vous le dire, tout cela est quelque peu anxiogène. Et c'est là qu'interviennent les prépas privées (pour la première année), et les conf (pour l'internat).


La conf, koikesse ?
En gros, c'est un organisme privé, qui paye de jeunes internes ou chefsde clinique pour venir donner des conférences à des externes de 5ème et 6ème année sur leur spécialité, afin de réviser au mieux et le plus intensément possible l'internat. (cette affirmation étant à prendre avec tout le recul nécessaire).

Et au final c'est la grande hypocrisie du système universitaire médical. Alors que nous sommes tous tenus de passer les mêmes épreuves, nous n'y sommes absolument pas préparés de la même façon. Quand certaines facs de certaines pratiquent des politiques ultra volontaristes organisant avec leur propre personnel enseignant des confs n'ayant rien à envier aux privées, mais... gratuites... D'autres, comme la mienne, en sont encore à mouliner dans le vide en déplorant que nous ne venions pas en cours (non adaptés aux épreuves) et se contentant de vouloir durcir les partiels afin de nous inciter à travailler. Super. Sauf que préparer une épreuve de partiel pour un prof dont on connait les marottes n'a rien à voir avec préparer l'internat.
Débrouillez vous, et roulez jeunesse. Mais ne faites pas honte à votre fac et soyez bien classés, que diable.

Le 4ème année donc, s'il veut avoir un minimum de choix pour son avenir professionel tire vite la conclusion suivante "il va falloir que je m'inscrive à une conf".
Et décembre est pile la saison où, en même temps que les décos kitsh de Noël, fleurissent sur
les murs de nos facs des posters publicitaires nous expliquant comment nous inscrire à la conf Hippopotame, Hermétique etc... C'est à dire, bien souvent, sans tellement plus d'explications : "Ne réfléchis pas trop et envoie nous un chèque de préinscription, qui te donnera le droit de recevoir un dossier avec le décompte du gros chèque d'inscription que tu devras ensuite renvoyer".

Et la cerise pourrie sur ce gâteau d'hypocrisie est que certaines facs préparant mal leurs étudiants vont jusqu'à cautionner (voire inciter) de facto ce système assez gerbant : beaucoup de conf' (payantes donc) ont lieu dans des locaux prêtés (loués ?) par des facultés (pas la mienne, mais plusieurs parisiennes).

Au pays des %ù@!*, certains doyens sont les rois.

En résumé, et pour citer un des médecins de mon service "on l'a dans le fion bien profiond".

Et si ces boites privées sont aussi désinvoltes quant à l'information de leurs futurs étudiants, c'est qu'elles ont compris une chose essentielle : beaucoup d'étudiants sont prêts à tout pour s'y inscrire. Et c'est assez drôle (un publicitaire devrait étudier la chose), parce que c'est le genre de phénomène qui s'auto entretient parmi nous. Dès la deuxième année tu es au courant de l'existence de ces confs et tu as bien souvent ton avis sur la question (en faire ou pas ?), et en quatrième, quand l'heure est venue de s'inscrire, le phénomène atteint son acmé, les étudiants arrivant à débattre réellement interminablement sur les deux grandes questions "S'inscrire ou non", "à Hermétique ou à Emirat" ?

Le plus comique étant que grosso modo, ces conf se valent (il arrive qu'un conférencier fasse des cours dans les deux ai je entendu dire), et que vu la pauvreté des information données par ces boites, les débats, et la prise de décision se basent sur des trucs aussi débiles (et je pèse mes mots), que "quels soirs de la semaine cela va t il être ?", "est ce que duchmoll y va parce que je ne l'aime pas et j'ai pas envie de la voir en conf ?", et surtout "le cinquième année avec qui je suis en stage est à emirat et en dit beaucoup de bien", ce à quoi quelqu'un répond immanquablement "oui mais celle avec qui je suis en stage a dit que Hermétique était bien aussi".
Les mêmes arguments étant repris en boucle, et le nombre de conneries prononcées et d'affirmations non vérifiées élevées au rang de parole d'évangile est impressionnant.

C'est à peu près du niveau de la discussion politique avec Robert, rencontré dans un bar un vendredi soir, qui après deux vodkas te confie avec acuité et fulgurance sa vision du monde et de la politique telle qu'elle devrait être. Mais sans la fumée de cigarette.

La pub des confs : le buzz élevé au rang d'art.

Le plus frustrant étant que comme tout est basé sur la rumeur, le on-dit et des avis subjectifs, chaque fois que l'on pense avoir pris une décision sur ces critères débiles, on est satisfait et on retombe dans le panneau : On engage la discussion sur le sujet avec quelqu'un, et on la finit plus embrouillé qu'on ne l'avait commencée.
Pouf, retour à la case départ, sans toucher 20 000 francs, mais en s'apprêtant à débourser 400 € (minimum) par semestre, sans trop encore savoir à qui les donner.

Bref, cela vire à la tragédie grecque, entre les farouches opposants (les plus intègres d'entre nous, mais les moins nombreux) à la chose, les poules mouillées qui, comme moi, cèdent à la pression à contre coeur et vont s'inscrire par peur de ne pas réussir à se préparer tout seul à l'internat ; et ceux qui de toute façon ne voient pas où est le problème.
Et au sein de groupes d'amis la division règne entre ceux qui ont choisi l'une ou l'autre, chacun étant évidemment intimement persuadé d'avoir fait le meilleur choix. Ou alors le groupe d'ami essayant de se mettre d'accord pour aller à la même tous ensemble, donnant lieu à d'interminables tractations.

Assez intéressant à regarder sur le plan comique, mais éminement stupide.

Apparement, on n'a rien de mieux à faire.
Par Ephélide - Publié dans : Galères
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Samedi 2 décembre 2006
Quand on commence à faire des stages, à aborder tout ça on se jure à soi même et au monde entier, jamais je ne serai un de ces monstres d'insensibilité.  Jamais.

La semaine dernière, c'est un rêve qui m'a secouée le vendredi matin, bien avant mon radio-réveil.
Les temps y étaient troubles, et je croyais aider des gens, mais en réalité je les tirais vers un autre enfer.
A un moment j'ai choisi de fuir et de laisser tomber, par peur, pour moi -l'affaire était dangereuse voyez vous-, et aussi parce que je ne voulais pas choisir entre ne rien tenter et les laisser périr ou faire quelque chose et les précipiter dans quelque chose de pire. (soit dit en passant c'est tellement mégalo que c'en est pitoyable). Ma lâcheté ressort la nuit.
Mais au final, les évènements me rattrapaient jusque chez moi. Et me réveillaient.


Le matin précédant cette nuit, au saut du lit de garde, j'ai vu un mort. On a bipé le sénior que je doublais, et je suis allée avec lui dans le service qui le réclamait. A moitiée réveillée, je n'avais pas compris ce dont il s'agissait. Quand je suis entrée dans la chambre, je suis tombée sur le corps. Il était mort à n'en pas douter et il n'avait rien à faire, pas même à tenter.
La propreté de la chambre, son lit défait à l'arrière plan et sa veste de pyjama déboutonnée rendaient la scène indécente de banalité.

J'ai aidé les infirmières à le mettre sur son lit, il pesait une tonne et me glissait des mains. Et j'avais beau chercher, je ne ressentais rien.
Par Ephélide - Publié dans : Avec la blouse, avec le badge
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Vendredi 24 novembre 2006


Comme on a tous besoin de rire un coup, voici mon premier bullettin de salaire. Ceux qui ont de bons yeux constateront par eux même la magnanimité de l'hôpital. 97,67centimes. Je crois ce sont les 67 centimes qui me font le plus rire. Quelle générosité.
Ces même pourront constater que ce n'est pas en représailles suite à un absentéisme de ma part puisqu'on constate bien que j'ai travaillé 86,67 heures (mensuelles, hein).
Quant à mes gardes, elles seront payées avec un mois de retard. Eh oui, c'est comme ça.

Juste pour le plaisir de râler, en dessous, une partie de  ma carte d'étudiante. Avec les frais de scolarité :
Alors je sais que ça peut paraître peu par rapport à d'autres en France (et à l'étranger n'en parlons pas) mais c'est parce que je ne paye pas la sécu (que je paye sur mon salaire en fait).
Bref, je commencerait à faire du bénéfice en février. Enfin en janvier peut être, si mes gardes (à 20€ la nuit) me sont versées.



A noël, mes amis auront des sablés et des cookies. Fait avec les ingrédients pris dans le placard maternel.


Par Ephélide - Publié dans : Lexique
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Mardi 21 novembre 2006
[moi] "Oui, bonjour c'est l'externe de la réa, j'appelle pour Mr Truc, il a une irm ce matin à l'heure à laquelle il devait venir chez vous... Pourriez vous me proposer une autre date pour son autopsie ?"

[interlocuteur, mort de rire] : Comme vous y allez, laissez nous faire sa biopsie d'abord.

[moi] ...

(in petto : oh merde non, j'ai pas dit ça, non non, j'ai pas pas dit ça, ouf, la porte de la chambre est fermée il n'a pas pu entendre).


[à mes co externes] : les filles, j'ai la vague impression que ce stage commence à atteindre mon optimisme naturel...
Par Ephélide - Publié dans : Galères
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Vendredi 17 novembre 2006
Hier soir, au début de ma garde, mon sénior m'a dit très clairement, que madame Unetelle allait très probablement mourrir dans les heures à venir. Son petit fils venait de repartir, ses enfants arrivaient un par un. Nous avions désactivé les alarmes des machines, et depuis le poste de soin situé à côté de la chambre, ouvrant de temps en temps les stores nous permettant de voir à l'intérieur, nous étions là. Je relisais le dossier de mes patients, tentait de récupérer leurs derniers examens, ou j'accompagnais mon sénior dans le tour du service d'avant la nuit, le check up pour voir qui allait bien ou pas, mais nous n'étions pas loin.
Et je dois avouer que, ce faisant, une part de moi attendait avec une immense curiosité cet instant où tout s'arrêterait. J'ai honte de l'écrire, mais c'est vrai. Déformation étudiante, sans doute, fascination morbide aussi, probablement. Bien sûr j'étais immensément émue par la détresse de son fils, qu'on a entendu s'effondrer de l'autre côté de la cloison. Tout le monde l'était, et l'ambiance balançait, entre tristesse et déconnade silencieuse.
Mais quelque chose en moi en revenait toujours à elle, si proche, son coeur qui s'arrêterait bientôt, et, finalement, cet immense mystère qui s'abatterait si près. Parce que ce serait la première fois que j'en serai le témoin direct. On a les rites de passage qu'on peut (ou qu'on mérite)
A mi chemin entre une vision trop technique et trop romancée de la mort, j'attendais.

Mais ce qu'il y a de bien avec la médecine, c'est que lorsqu'on s'égare un peu, on peut toujours compter sur elle pour vous balancer une grande claque en pleine face.
Un médecin, venu d'un autre étage, venu pour discuter de deux cas, particulièrement difficilles, des décisions de ne pas aller plus loin, d'arrêter des traitements, parce que plus d'espoir. En salle de repos avec ce médecin et mon sénior, je m'efforcais de me concentrer pour comprendre les traitements très techniques décrits quand tout à coup le nom du jeune homme dont nous parlions fut prononcé.
Ce jeune homme a vingt ans et va mourrir, très bientôt, quelques étages au dessus de mon service, après 3 ans de lutte (dont seulement une vraie année de répit). Le médecin nous décrivait la chose (car on aime confronter ce genre de décisions à l'avis des autres), expliquant le pronostic effroyable et la volonté commune à lui, sa famille et les soignants, de ne pas en faire plus.
Et son nom a soudain explosé.

J'ai balbutié "je le connais". Ce qui était un euphémisme pour dire "
J'ai fait toute ma scolarité, depuis les premières classes du primaire, jusqu'au lycée, quand il a arrêté pour se faire soigner, avec lui. Sans qu'il soit mon meilleur ami nous faisions partie du même groupe forgé par les habitudes et les affinités. Et merde, je croyais, nous croyions tous qu'il était guéri. Nous n'étions plus proches, mais il est dans mes souvenirs, une part inamovible de mon enfance et de mon adolescence, de ce patchwork de souvenirs de soirées, de cinémas, de mots passés en cours et de profs honnis de concert."
On a une vingtaine de jours de différence, mais je serais probablement la seule à fêter mes 21 ans le mois prochain.

Et merde.

J'ai attendu une heure, d'avoir une occasion de m'eclipser. Je suis allée dans les vestiaires et ait craqué un bon et grand coup. Nécessaire pour ne pas le faire plus tard, nécessaire pour ne pas montrer un visage décomposé à une famille ayant besoin de tout sauf de ça.

La fascination avait volé en éclats et seule l'infinie tristesse subsistait. C'est impressionant la dernière respiration de quelqu'un et le silence qui suit, seule preuve que tout a changé quand rien n'est différent.

Une patiente a été admise à notre étage peu de temps après, avec elle, les sourires et les blagues revenaient pour la rassurer, j'ai entrepris ce si gratifiant boulot d'externe consistant à éplucher le dossier (en désordre) pour en tirer l'essentiel et résumer la situation. Je l'examinais et le semblant de contrôle que nous avions de la situation m'a réconforté, les choses rentraient dans les normes, je me sentais bien soudainement.

J'ai passé 4heures dans la chambre de garde cette nuit là, mais n'ai dormi guère plus de deux.
Paris brillait au loin.

Merde.


[promis, les prochains articles seront plus gais]
Par Ephélide - Publié dans : Galères
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Samedi 11 novembre 2006
Lors de ce mois-et demi qui inaugure notre première année d'externat, tous les externes avec qui j'ai eu l'occasion de bavarder au dessus d'un café en piétinant devant la fac -et moi la première- (l'une des trois activités de base de l'externe l'après midi, avec dormir à la bibliothèque et travailler à la bibiothèque) ont fini par atteindre ce point, où ils ont dit, d'une façon plus ou moins explicite, en regardant d'un oeil fatigué le fond de leur gobelet, à quel point il se sentaient submergés par leur nouvelle vie. Pour le meilleur ou surtout, par ces après midi d'automne où tout paraît plus gris, pour le pire. Le "plus ou moins explicite" allant de l'élégant "putain ça me saoule, j'ai l'impression qu'il n'y a plus que la médecine dans ma vie", au sobre "c'est étrange, j'ai comme l'impression d'avoir moins de temps à moi".

Car oui, si, en 4ème année l'internat est encore loin et nous permet en théorie de profiter de plus de temps libre -faites du sport, de la musique, allez au cinéma, nous conseillait un interne avec tout le recul que 3ans d'internat lui apportaient déjà- , la 4ème année est aussi l'occasion de faire un maximum de gardes pour éviter d'avoir à en faire en 6ème, de se "débarasser" du stage obligatoire et, souvent, aux horaires particulièrement prenants de chirurgie. [Ou, comme me l'expliquait un ami,  De l'art de serrer les dents, quand, à 14h30, le chirurgien que vous assistez -tâche gratifiante s'il n'en n'est pas, vous lance "allez t'as une demi heure pour manger et on attaque la dernière opération". Joie.].

Un reproche qui est souvent fait est que l'on ne sait que parler médecine, entre nous, voire avec les autres. En même temps, ces temps ci, lorsque l'on me demande "alors, quoi de neuf"
force est de constater que les seules choses de neuves dans ma vie est ce qui m'arrive en stage, et mes cours. Si cela vous semble trop pathétique, libre à vous de m'offrir un cd, un livre, ou un billet d'avion pour Ouagadougou.
Les premières semaines, c'est plutôt de l'enthousiasme. La première garde est quelque chose d'excitant, rite initiatique comme un autre (la première blouse, le premier interrogatoire, le premier bloc, la première INTUBATION -réalisée il y a peu et en bonne geek, j'en suis fière-), on veut veiller tard, et on est content au matin. Les semaines suivantes, l'attrait de la nouveauté en moins, ou l'automne en plus je ne sais pas trop, mais tout paraît plus usant.

Je viens de passer deux semaines en Anesthésie à faire plein de trucs qui mettent en transe le premier néo externe venu. Si vous n'avez pas encore compris, j'ai réussit à intuber, et à cet instant j'ai fait mentalement ma "danse de la victoire" à la Eliott dans Scrubs, la seule chose m'empêchant de le faire vraiment étant que nous autres anesthésistes étions en retard (une sombre histoire de péri ratée par mon interne alors que j'étais là, ce qui m'a valu la réputation de "porte la poisse") et que toute l'équipe de chirurgiens me regardait intensément depuis le mur sur lequel ils étaient adossés. Et je doutais que cette laborieuse intubation à laquelle ils venaient d'assister, mérite à leur yeux que je me mette à faire tournoyer mon stéto au dessus de ma tête en criant j'ai réussit j'ai réussiiiiiiiiiit.
"Tu t'en fous, c'est des chirs, ils trouveront toujours que les anesthésistes vont trop lentement" m'affirmait mon interne au début du processus. Certes. Reste que il n'y a pas grand chose de plus stressant au moment d'intuber quelqu'un que trois personnes vous regardant fixement et vous faisant sentir par le poids de leur silence, à quel point il serait bien que vous réussissiez.
Ah si. Quand le patient se vide de son sang et ne respire plus ça doit être un peu stressant pour intuber aussi, mais là est la magie de l'anesthésie, ou l'on programme tout ça : ça se fait dans le calme et non dans l'urgence. Bref, je referme cette longue parenthèse qui m'a servi à illustrer à quel point ces quinze jours étaient bien pour en venir là où je voulais aller en premier lieu : mon retour en réa fut difficile.
La réa, à la base, c'est bien. Mais dans cet hôpital spécialisé dans le cancer etc, ça ressemble à un concours d'histoires plus tragiques et plus palliatives les unes que les autres.

Et finalement c'est aussi la difficulté de cela. Je ne vois que les cas les plus tragiques, j'ai un échantillon de malades complètement biaisé par le fait d'être dans ce centre (donc souvent orientés là parce que leur pathologie est de "pas super" pronostic), et ça commence à me miner. Je ne ferai pas de cancéro plus tard -et j'admire ceux qui en font-. Mais surtout au bout d'une dizaine de jours, j'ai compris qu'il y avait certaines choses que je ne pouvais pas vider sur ma famille, certaines histoires que je ne pouvais pas raconter. En dehors du risque d'en faire des hypochondriaques, je ne veux pas marquer durablement leurs esprits d'un profond pessimisme concernant cette maladie. Ou parfois quand ils me parlent d'une connaissance malade, et que avec mes bribes de savoirs, je flaire que ça pue, je retiens mes mots et j'écoute, parce que sur une histoire racontée comme ça on ne peut jamais savoir. Et que surtout, parfois, mieux vaut être le seul à savoir.


Je m'égare beaucoup ce matin, j'ai du mal à structurer tout ça. Je pensais juste au reproche bien connu que l'on  nous fait souvent : vous ne parlez que de ça.
Pour dire deux choses : 1) on le fait parce que nous sommes noyés par cela, que nous trouvons souvent cela passionant (à tort, je sais), et que parfois des situations sont extrêmes et ont besoin d'être évacuées [entre moi et d'autres amis dans des stages durs, cela vire au concours de l'histoire la plus glauque. Il faudrait penser à codifier tout cela. Genre moins de 50 ans : 1 pt de bonus, moins de 35, 2pts, moins de 18 : 5 pts, moins de 10 : 10pts. Un mari/femme aimant qui va être veuf ou veuve, pouf des points en plus, et si il y a des orphelins, jackpot !], mais on sait aussi que les situations drôles vues en garde vous font souvent rire. On a juste du mal à doser. Et pas grand chose d'autre à dire.
2) On en dit peut être moins que vous ne le pensez.

Et une dernière chose, la prochaine fois que vous en voyez un de sociopathe d'étudiant en medecine... Soyez gentils. Trainez le au ciné, au resto, à piscine (où, atout du lieu, vous pourrez le noyer s'il est trop insupportable). Et rappellez lui qu'il n'y a pas que ça dans la vie.
Par Ephélide - Publié dans : Sous la blouse, sous le badge
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Lundi 30 octobre 2006
A quoi reconnait on un chirurgien sympa ?
Quand en réponse à sa question "Qui êtes vous ?", vous bredouillez "Euh bonjour, Truc Muche Externe de Réa, en stage en Anesth. pour 15j ", il ne se désinteresse pas de vous (parce que bon bien souvent c'est "ah petit salaud d'anesthésiste, rien à voir avec moi, qu'il se démerde).
Il vous sourit et dit "oh d'accord, n'hésitez pas à me poser des questions." Il vous explique l'opération qu'il s'apprête à faire et commente les scanners sans sembler s'appercevoir de votre étonnement. Il vous lance "Allez chercher le marchepied avec l'accoudoir, vous pourrez mieux voir".
Ensuite au fur et à mesure de l'opération il prend le temps de vous expliquer ce qu'il fait. Il répond à vos questions.

Certes. Ce sont des bons signes. Mais j'ai le test ultime. Expérimenté ce matin.

Perdez l'équilibre sur votre marchepied bancal, et passez à un cheveu de tomber la tête la première dans l'abdomen ouvert du patient. Sauvez la situation en vous rejettant d'une manière efficace mais peu discrète en arrière.

Pendant que votre interne pouffe derrière son masque et que tout le bloc vous regarde d'un air étonné balbutiez "ah euh ouais, euh excusez moi j'ai perdu l'équilibre". Vous vous donneriez des baffes, et  vous vous attendez à vous faire jeter du bloc comme la malstérile que vous êtes.

Et là, le chirurgien sympa hausse les épaules, baisse la tête, et pointe quelque chose du doigt "allons bon. Regardez ici, vous voyez la veine splénique ?"
Par Ephélide - Publié dans : Avec la blouse, avec le badge
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