Mercredi 4 octobre 2006
Tout néo externe à peu près normalement constitué (ce qui ne va pas de soi, remarquez), stresse au matin de son nouveau stage. Bon, après, chacun le cache plus ou moins bien  : entre la technique du kéké "non, pas de problème je suis au taquet, je sais plein de trucs, les doigts dans le nez et je bois du burn", et son exact contraire, technique du "oh mon dieu, je ne sais rien, alors que j'ai travaillé toutes les vacances pour me préparer à cela, mais faut pas le dire", tous les intermédiaires sont possibles, grâce à la merveuilleuse diversité de la psychologie humaine.
L'ironie de tout ça est qu'on se rend malade, qu'on dort mal, pour se retrouver face à quoi nous sommes parfaitement préparés depuis trois ans.

Non, rassurez vous, je ne m'apprête pas à faire l'apologie de notre formation à l'université, non non. Je parle ici de cette chose qui nous poursuivra toujours : la paperasserie et l'administration.

Une rumeur persistante veut qu'une partie des postes du personnel d'accueil téléphonique de certains hôpitaux parisiens, dont je tairais le nom par pure charité athée, soit réservée aux contrats emploi-solidarité, notament à des gens un peu sourdingues, ou un peu... lents (je reste charitable). C'est l'explication donnée pour les interminables et homériques pérégrinations téléphoniques lorsque l'on cherche à joindre quelqu'un d'un autre CHU, ou d'un autre hôpital. Non pas que les gens soient plus performants dans le notre, c'est juste que dans son propre hôpital, on connait les numéros de bip des gens, et on les harcèle jusqu'à ce que réponse s'en suive.
Ca doit être un système pour éviter le sur-engorgement des lignes, seuls ceux qui le méritent accèdent à ce(ux) qu'ils veulent. Un peu comme "le livre dont vous êtes le héros", ou réussir à obtenir une assistance auprès d'une hotline d'un fournisseur internet, sauf que là, la communication téléphonique est gracieusement offerte par l'AP et que le "retour en page 25" est accompagné des 4 saisons (non, pas la pizza, malheureusement. Ce blog exige un minimum de culture de la part de ses lecteurs (donc... moi)).

Mais je m'égare. Tout ça pour dire que je suis toute prête à lancer une nouvelle rumeur, le personnel chargé de la lingerie de l'hôpital où je suis en stage est fait d'emplois solidarité. Aussi. Pas des sourds, hein, l'autre catégorie citée plus haut.

Prenez une trentaine de nouveaux externes. Il leur faut une blouse. Un badge à la rigueur.
D'abord le badge, parce que là bas, tout est informatisé. Une petite puce dans votre badge enregistre votre nom, votre service, quel est le "trousseau" auquel vous avez le droit (dans mon cas, la totale, pyjama et blouse). Ensuite, juste en présentant ce badge au "Distributeur Automatique de Blouse", on doit pouvoir récupérer le trousseau complet. Cette machine diabolique sait si vous avez rendu votre linge sale, à combien de vêtements et la taille auquelle vous avez le droit etc.

Bref, confectionnons un badge, chargons le et roulez jeunesse.
Ca a l'air simple, beau, huilé comme un maître nageur brésilien au soleil de rio, n'est ce pas ?

Et bien non.

Prenez deux personnes pour faire le badge. Deux.
Un qui tape sur l'ordinateur nos petits noms, bien qu'ils soient déjà inscrits sur un listing à côté de l'ordinateur, soit dit en passant. Puisque nos noms sont connus, pourquoi ne pas les pré rentrer ? Mystère. Et qui, simultanément, braque sur nous la caméra numérique destinée à nous prendre en photo.
Non, je n'ai pas écrit "cadre". A dessein.
Mon menton sort du cadre, j'ai l'air d'une sale gamine qui est rentrée dans un photomaton sans parvenir à en régler le siège. Leur logiciel de traitement d'image nous applatit la face. C'est du moins ce qu'on aime à se répéter entre nous, sur le thème du "mais non t'as pas de grosses joues, c'est leur logiciel". La lumière spéciale "néon de deuxième sous sol sur fond de mur blafard" nous (me) donne un air cadavérique.
Et alors que, normalement, en sortant d'un photomaton, on est en droit de déchirer la photo et de tout jeter, voilà que c'est collé à un badge, par les soins de la deuxième personne qui récupère la photo imprimée à côté de notre nom sur du papier collant, le colle sur une plaquette plastique, ajoute une attache et nous rend le tout "voilà un badge".
Super.

Pour comprendre mon désespoir intense à la vue de cette horreur (oui, je parle de ma photo), il faut savoir que le badge est un outil essentiel d'interaction sociale à l'hôpital, surtout quand on est nouveau et qu'on change réguilièrement donc que personne ne nous connait et qu'on ne connait personne. Alors, bien sûr, ça requiert un peu d'entrainement, pour ne pas dire. "Bonjour, euh...". Regard en biais vers la poitrine de l'interlocuteur "Kinésithé...ra"... In petto, quel étrange nom, je crois qu'il y a de l'arnaque, re-regard en biais vers la poitrine de la personne (ce qui peut facilement faire passer n'importe quel homme pour le dernier des pervers dans un univers si féminin) 'Euh, bonjour, euh... Xavier".
Nos badges vont être reluqués en long et en large pendant les mois à venir. Et me voilà avec un parfait faciès hippocratique (= visage de la mort), une de mes plus belles prestations photomatonesques à ce jour, sourire incertain, yeux à mi chemin entre le faon égaré et le hérisson pris dans les phares d'une voiture, collé au sein gauche. Comprenez ma douleur.
Heureusement la plupart des patients de mon service sont inconscients. Et celui dont je m'occupe en particulier (oui, pour ceux qui sont externes et se disent "quoi, elle a qu'un seul malade la paresseuse ??", oui, c'est un petit service avec des grosses pathologies à la charge de travail très variable, donc oui je n'ai qu'un malade. Pour l'instant.) est conscient mais ne peut pas crier. Merci la maladie.

Remarquez, je commence à relativiser, à mesure que je rencontre des gens (et leurs badges), je me rends compte que, à l'évidence, personne n'avait été prévenu de la photo, et tout le monde a eu droit au même traitement surprise le jour de son arrivée.
Résultat, si on alignait tous les badges de l'hôpital on aurait un parfait musé photographique des horreurs. C'est un concept à creuser, je crois. Ca ferait peut être suffisament pitié pour attirer de nouvelles subventions.

Bref. Je m'égare encore. Ca devient laborieux.
Une fois Laurel et Hardy ayant pondu notre badge, il faut le charger. Hou, j'entends des esprits taquins "mais pourquoi ne pas le faire en même temps ?". Vous plaisantez, j'espère. Ca ressemblerait trop à de l'efficacité.

Nous sommes toujours trente. Et migrons en troupeau jusqu'à un autre bureau où une brave dame configure nos badges pour la lingerie. Ca doit bien faire 5 ans qu'elle est là, si elle sortait trop brutalement au soleil ça la tuerai probablement, mais non, elle ne maîtrise toujours pas et tape à deux doigts. Trente noms. et autant de références de linge.
J'ai donc récupéré un pyjama. Mais si vous savez ces tuniques de tissu, le cliché du médecin. Ce qu'ils portent dans Scrubs, en permanence. Oui. Et comme dans scrubs, seuls les plus "gradés" portent leurs vrais habits sous leurs blouses. Sauf que les notres sont blancs. Je sais pas, le bleu devait être trop gai. J'ai hâte que les dernières traces de bronzage s'estompent chez tout le monde qu'on soit raccords avec nos tenues, et les murs de l'hôpital.

Si on veut pouvoir manger au resto de l'hôpital il faut de nouveau charger son badge avec des crédits, dans un autre bureau à un autre étage, après l'avoir activé à un autre bureau et un autre étage. Je ne blague pas. J'imagine que ça doit bien prendre une demi heure. Or à midi, j'ai une heure pour manger-aller à la fac qui est dans la ville voisine- et être pile à l'heure pour mes cours.
Moralité, je mange un sandwich.


Le tout tapé à la va vite. Premiers jours avec un rythme un peu épuisant obligent. La suite bientôt.
par Ephélide publié dans : Galères
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Samedi 30 septembre 2006
La preuve : Je ne suis pas au Vouuaille. Au WEI. Au week end d'intégration, quoi. Qui se déroule en ce moment même.
J'y avais bien rit quand j'étais bizuthe, (i.e. en deuxième année) je dois l'admettre, j'avais bu raisonnablement et je m'étais dévêtue (dans les limites du raisonnable, maman, dans les limites du raisonnable), pour le bien de mon équipe -l'altruisme me perdra, mais voilà, je n'ai pas l'esprit clanique.

Il suffit que quelqu'un revendique une appartenance à une catégorie exclusive, avec ses codes pour les initiés, et son univers siiiii particulier, pour que ça me donne des boutons. Surtout vu le degré d'artificialité de ce genre de chose. Si certains montrent leurs fesses aux cars de touristes japonais qui dépassent les cars en route pour le WEI, parce que c'est drôle (c'est leurs fesses, et leur problème, et c'est vrai que la tête du japonais étonné ou du retraité outré vaut le coup d'oeil)  d'autres appliquent la philosophie du "je bois un max et je montre mes fesses pour biiiien me persuader que je suis étudiant(e) en médecine. Et je raconte plein de blagues scatologiques, aussi". Et ça... c'est... triste. Non ?

Si. Triste comme ces "VIP" de mon amphi qui se sont tous mis à boire du "Burn" comme un seul homme, du jour au lendemain, lorsqu'on a repris les cours. Sous prétexte qu'on est externes maintenant et que l'externat, c'est crevant et qu'on a besoin de boissons énergétisantes pour travailler tard et tenir pour les gardes. Moi je veux bien, mais j'ai eu du mal à voir le crevant dans les trois jours de cours (sans stage ni gardes) qu'on vient d'avoir. Abrutissant, oui. Nécessitant un "burn" à 10h du matin ? Non.
Je suis injuste, c'est pas triste, ça a un petit côté attendrissant. Comme les enfants qui rangent leur doudou la veille de la rentrée en CP, parce que maintenant "ils sont grands". Sauf que là il sortent un nouveau doudou, tous en coeur. C'était mignon, dix personnes avec la même bouteille dans la main au même moment. En fermant les yeux, on pouvait entendre les bêlements.

Rien n'est plus horripilant que d'entendre parler des "djeuns" (qui ne lisent plus et qui puent, en substance, selon le JT de FR2 d'hier soir), des "séniors", ou tout autre catégorie pseudo hermétique que les médias ou (pire) les intéressés inventent, et dans lequelles on est priés de se reconnaitre.

La seule chose qui se ressent vraiment de mon appartenance à la joyeuse catégorie "carabins" est, outre ma conversation (ce blog en est la preuve), mon humour. Parce que, oui, j'ai un humour de geek. Oui, appeller un stagiaire "thrombus de couloir" ça m'a toujours fait rire. Et la maladie et la mort aussi.
par Ephélide publié dans : Sous la blouse, sous le badge
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Vendredi 29 septembre 2006
Tout d'abord, la question que tout le monde se pose. "Qu'est ce qu'un externe ?".

Non, ce n'est pas quelqu'un qui rentre chez lui pour manger. Enfin si, mais pas dans ce contexte. Proposition suivante ?
Non, non plus, ce n'est pas quelqu'un qui n'a rien à faire là (quoique). D'autres volontaires ? Non ?

Un externe c'est le degré zéro de la hiérarchie hospitalo-universitaire.

Certes, il y a le stagiaire en -1, mais le stagiaire, en général, c'est un peu le comme le cousin Gontrand qui a été bercé trop près du mur, et à qui on en veut pas d'être un peu lent. On le laisse dans son coin, on le surnomme affectueusement "thrombus de couloir", et de temps en temps on lui jette un os "va accompagner Untel pour ausculter monsieur Machin". Ou "vas y écoute et dis moi ce que tu entends".

Il a passé son concours, il a un stétho dans la poche et ça suffit à son bonheur. Il parade dans sa blouse blanche, qu'il garde pour aller chercher un café à la cafèt de l'hosto, à moitié pour la frime à moitié pour bénéficier du prix réduit "personnel de l'ap hp" sans avoir à le mendier ("au fait je suis étudiant, puis je avoir le tarif réduit ?"). Quand il est en groupe, dans les transports ou hors de son CHU il fait souvent ce que font tous les kékés, à savoir : parler ostensiblement de ses études et de ses stages en espérant (plus ou moins consciemment) impressionner les gens autour. C'est lamentable, oui. A sa décharge il en a bavé pour en arriver là. Et ça lui passera. Ou bien il finira chirurgien esthétique, à voir.

Un externe est légèrement plus avancé que le stagiaire, mais uniquement parce qu'il a un an de plus. Et cette année de plus ne lui apporte pas grand chose. Sauf des ennuis. Et l'incroyable chance d'approcher un peu du métier qu'il veut faire, oui, aussi, mais des ennuis, surtout. Il arrête vite de parader. Surtout si vous le saisissez au saut du lit à 3h du mat' alors qu'il a fermé les yeux depuis 10min et qu'on le bippe parce qu'un crétin bourré qui a donné un coup de poing dans une vitre se pointe aux urgences. Vous verrez il fait moins le fier.

Donc, du jour au lendemain, ou, plus exactement, après 3 mois de vacances, notre externe quitte la douce vie de 3ème année et se retrouve propulsé dans la délicate situation suivante :

1) Il est censé savoir quelque chose. On attend de lui qu'il sache répondre à certaines questions, même abruptes, même sur une matière qu'il n'a jamais étudié.


2) Il est censé savoir ausculter un patient. En général c'est lors du premier examen en solo qu'il se rend compte qu'il n'aurait pas du dire "mais oui je l'entends le souffle au coeur" en prenant un air inspiré toutes les fois qu'on lui en faisait écouter un, au temps béni où il était stagiaire (et qu'un médecin sympa daignait s'occuper de lui), alors qu'il n'entendait rien d'autre qu'un bruit de coeur. (depuis ce jour lui a reéssayé sur lui. Il est persuadé d'avoir un souffle au coeur, maintenant, mais ne sait toujours pas en reconnaître un).

A l'époque il avait peur de passer pour un con. C'est maintenant qu'il se rend compte qu'il en est un.

3) Il est devenu un défouloir universel. Tout le monde, de l'infirmière au chef de service, en passant par la secrétaire médicale, peut s'en servir. Il y met du sien aussi, c'est un boulet, il faut le reconnaitre. Il n'y a guère que le stagiaire qui aie du respect pour lui, mais en général, ça ne dure pas, car c'est uniquement l'effet de l'aveuglement produit par ce titre un peu pompeux "externe".
A sa décharge imaginez que l'on vous ai enseigné la théorie de la conduite (genre comment appuyer sur les pédales et tourner le volant), puis lâché au volant d'un camion, en plein Paris (que vous ne connaissez pas) avec pour mission de retrouver votre chemin vers votre Creuse natale. Vous imaginez ? Voilà, c'est à peu près la même sensation.
Bref, dossier mal rangé, exams à aller chercher, mal rédigé, trop rapide, trop ceci et pas assez cela ? Cherchez celui qui a l'air égaré au dessus de sa blouse blanche, c'est lui. Allez y, criez.

4) Il est censé pouvoir faire des gardes et ça... Ca ça mérite un article à soi tout seul. Patience.

A ne pas confondre avec un Interne. (qui, non, n'est pas quelqu'un qui vit mange et dort à l'hôpital (quoique)
Un interne c'est le "grade" au dessus. Encore étudiant, mais surtout, presque médecin, avant tout. Beaucoup plus de responsabilités, encore beaucoup de choses à apprendre, une certaine expérience et un certain savoir (ou un savoir certain ?) malgré tout.
Il a passé l'internat, il "respire" enfin, déjà ça derrière lui. (Ca, c'est fait.). En même temps, "respirer" dans son cas, ça veut dire travailler à plein temps à l'hôpital, selon des horaires plus ou moins impossibles (version "bienvenue au pays où l'on ne dort jamais" pour la pediatrie par exemple).
Il a les yeux cernés et de la barbe, sauf les filles qui mettent de l'anticernes.
Mais c'est souvent valable pour les externes aussi. Surtout en 6ème année (mais on les croise moins ceux là, parce qu'ils vivent dans les bibliothèques universitaires).

Ensuite, petit guide pratique :

Comment communiquer avec un externe ?

Voilà. Vous avez un spécimen face à vous. Vous l'avez rencontré dans un de ses hasard que crée la vie, soirée, ami d'amis etc... On vous a présentés, il y a un silence qui va finir par devenir embarassant si vous ne vous mettez pas à parler. Que dire ?

Il faut savoir que l'externe est à la médecine ce que le Geek est à l'informatique. Il est monomaniaque. Si vous arrivez à le lancer sur un de ses stages, vous êtes sauvé, le silence sera rompu.
Par contre ne demandez pas à un externe "et tu feras quoi comme spé plus tard ?" Non. Non. non non et trois fois non. C'est agaçant cette question. On choisit sa spé à l'issu d'un concours nationnal qui se prépare longtemps et qui est sans merci. On ne fait pas toujours ce qu'on veut. Ca fait peur d'y penser.
Utilisez un moyen détourné : "Et t'es où en stage en ce moment ?" ou "Quel a été ton stage préféré ?". Voilà, c'est mieux. C'est un terrain neutre et les stages fourmillent de trucs inintéressants à raconter.
Ne posez pas non plus à un externe des questions dégueu pour ensuite faire "Oah arrête t'es crade."
Vous voulez une description de dissection ? Vous voulez savoir ce qui se passe dans un bloc ?  Ce qu'on a vu de pire ? Vous venez d'ouvrir une porte qu'en général on garde fermée eut égard à la sensibilité des autres. Assumez.
par Ephélide publié dans : Lexique
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Jeudi 21 septembre 2006
C'est marrant, j'avais l'intention de faire un premier post expliquant un peu l'externat, cette grande galère dans laquelle plein d'étudiants en médecine s'embarquent actuellement (certains autres y étant depuis un ou deux ans déjà), en parlant éventuellement de la première galère, de la première déconfiture. J'avais un peu imaginé ce qui pouvait m'arriver. Un stage pourri. Un chef de service irrascible. Un ou une costagiaire insupportable. Des trous de mémoire à répétition lorsqu'interrogée par un médecin....
Oh je ne perds pas espoir, tout ça va m'arriver.
Simplement ma première galère m'est tombée dessus sans prévenir, sans que je l'aie vue venir. Merci les gars, c'est les meilleures.

Donc, je déposais benoîtement mon dossier d'inscription à la fac, très étonnée par le montant plus faible que les années précédentes des droits d'inscriptions. C'est quand la monolithique mais néanmoins aimable secrétaire, avisant que j'avais coché la case "LMDE", m'a avertie "Ah non mais vous n'avez plus droit à la sécurité sociale étudiante, hein, maintenant vous êtes salariée, faut vous inscrire à la caisse de sécu", que j'ai compris que ça y était, j'étais rentrée.

Hein ? Pardon ? Stop. On arrête.

"salariée". Je vois déjà vos têtes. Genre "oh les petits cons, en plus de se la raconter toute la journée dans leur blouse et de troncher les infirmières nues sous leurs blouses, ils sont payés !".
Alors précisons que les infirmières ne sont pas nues sous les blouses. En plus elles portent des pantalons blancs aussi seyants que des portes de prison (heureusement pour elles). Et surtout, avec la féminisation des études de médecine, nous les filles sommes plutôt majoritaires, donc infirmières et nudité, une majorité d'entre nous s'en fout.
De fait, on préfère les pompiers quand ils amènent des gens aux urgences. Je plaisante. Non, ça c'est typiquement LE fantasme gratuit. Beaucoup sont replets et moustachus. Ouais, ça brise un mythe, je sais.  Sauf toi, si tu me lis et que tu es pompier, je suis sûre que tu es la perle, que tu es l'exception, que tu es la beauté incarnée et que ta seule présence fait se pâmer l'ensemble de la gente féminine (ne jamais prendre le risque de vexer un lecteur potentiel le premier jour).
En plus on ne fait pas que frimer sous nos blouses, on sert (vaguement) à quelque chose.

Et pour finir, notre salaire est de l'ordre de 100 royaux mais néanmoins petits euros par mois. L'inscription à la fac, c'est déjà presque trois mois de "salaire".

Donc calmez, vous, pas de quoi s'affoller. Ne vous en faites pas pour le "petits cons", c'est déjà oublié, je suis pas rancunière.

Bref.

La sécu.
Vous chers étudiants qui vous débattez actuellement avec les Charybdes et autres Scylla des administrations universitaires, vous croyez connaitre le pire de l'absurdité ? Détrompez vous.
Me voici perplexe devant un formulaire gracieusement envoyé par la sécu. Suis je étudiante ? Suis je salariée. Salariée, donc ? Oui, mais où vais je trouver les trois bulletins de salaires pré requis, alors que je ne commence que le 1er octobre ? (et que mon affiliation à la sécu étudiante doit se terminer à peu près à cette date). Mystère.

Je suis perplexe devant ma feuille. Vous l'êtes devant cet article. Nous voilà quittes, et ce blog est ouvert.
par Ephélide publié dans : Galères
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