Jeudi 19 juillet 2007
Je te sens dubitatif devant ce titre, lecteur, alors je reprends du début, et pour ta gouverne.

Tu n'es pas sans savoir, lecteur, qu'un externe aime les rites initiatiques. La première dissection, le premier mort, les premiers points de suture, le premier bloc etc.
Il y a une étape par laquelle passe un jour, dit on, tout le personnel de santé. Voir plusieurs jours, si l'on est pas doué ou particulièrement exposé (les chirurgiens, par exemple, avec toutes ces choses coupantes autour d'eux). Cette étape fréquente à défaut d'être obligatoire, c'est l'AES. Elle arrive systématiquement le jour où vous avez merdé sur vos consignes de sécurité, où, pour une fois, vous avez la flemme de rechanger l'aiguille avant de repiquer votre patient, ou que vous ne vous en êtes pas débarrassés tout de suite dans la boite idoine.
Et c'est ainsi que vous vous piquez le doigt en tentant de repiquer votre patient, ou que vous vous retrouvez avec une aiguille souillée plantée dans la pulpe d'un doigt, parce que vous aviez oublié sa présence sur le plateau à vos côtés.

Car c'est cela qu'on appelle l'Aes un accident -évidement- d'exposition au sang. ou au Sexe, parfois, mais dans ce cas, c'est plus rarement un accident du travail. Au moins dans le corps médical. Ou alors on s'en vante pas. En tout cas, pas aux urgences, mais plutôt en salle de garde.

Deux cas de figure :
- votre patient ne se sait pas séropo pour une quelconque saloperie à transmission sanguine, on lui fait une prise de sang pour s'en assurer, on vous fait une prise de sang pour la forme, et vous en êtes quittes pour une légère douleur du doigt pendant quelques jours.
- votre patient se sait séropo le hiv, plus ou moins d'autres charmants virus comme l'hépatite c, ou autres. Ou alors vous le soupçonnez fortement immunodéprimé, et suspectez fortement une telle atteinte. Vous voilà bien.

Si le premier cas est la parfaite petite baffe qui vous dit "tu recommences plus JAMAIS la connerie d'enlever tes gants avant d'avoir éliminé TOUTES tes aiguilles de ton plateau", la seconde solution est un parfait exercice pratique d'application de votre cours théorique sur les AES (quoique soit dit en passant, la séronégativité supposée ne dispense pas des premières étapes de désinfection...)
Vous verdissez, donc. Mais, en même temps, vous vous souvenez de votre cours et vous vous hâtez en conséquence vers un évier et commencez un lavage énergique de votre doigt, pendant que quelqu'un vous prépare un tube de dakin ou autre désinfectant où votre doigt élira domicile pour les 10 prochaines minutes.
Puis, si le médecin n'a pas été alerté par le remue ménage autour de vous, vous allez le voir, votre doigt faisant trempette, et balbutiez que "euh, excuse moi de te déranger, mais je me suis planté une aiguille souillée dans le pouce, et mon patient est HIV+".
Croyez moi, ça fait son petit effet.

Vous êtes bon pour vous inscrire comme patient, à l'acceuil des urgences, et soudain, vous voilà happé par cette mécanique un peu folle qu'est l'hôpital, que vous aviez l'habitude de voir fonctionner de l'intérieur.

Vous vous répêtez en boucle ce que vous avez appris, ce que vous diriez à un patient qui se présenterait devant vous, dans votre situation. Le risque est minime. La blessure est superficielle. L'aiguille était souillée, certes, mais le risque est minime. Et l'on va tout de suite me donner des médicaments adaptés, et cela va encore diminuer ce risque minime. Ca va aller, ca va aller.
On vous donne un petit kit, spécialement conçu pour ces situations, des sachets plastiques avec des médicaments pour 3jours. Vous voilà donc, devant cette trithérapie, dont vous avez tant entendu parler.
3, ou 4 cachets, blanc et jaunes, deux fois par jour. Est ce donc tout ? oui, ou à peu près.

C'est tout, et il faut désormais attendre, une attente égayée par des formulaires à remplir, accident du travail, médecine du travail, médecine infectieuse, vous voilà prise en charge et vous allez passer pas mal de temps à expliquer les mêmes choses, notamment, commment ça s'est passé, en vous mordant les lèvres à chaque fois "qu'est ce que j'ai pu être bête...". Après 48 ou 72h, vous vous présenterez à une consultation spé de médecine infectieuse pour "réévaluer l'indication de votre traitement".

Cette consultation spécialisé a ceci d'amusant -si on aime l'ironie- qu'elle est faite pour réévaluer la nécessité d'un traitement (on vous a donné des doses pour trois jours en attendant), et vous rassurer au besoin, mais que bien sûr elle est faite dans un service spécialisé dans la prise en charge HIV. Où est l'amusant ? vous demandez vous... Imaginez donc:

Vous arrivez là bas après 48H-72h, donc, un peu patraque car les premiers effets secondaires se font sentir, en vous répétant je vais bien, tout va bien.
Vous entrez d'un pas décidé dans la salle d'attente, sachant déjà -pour avoir relu votre cours- ce qu'on vous dira : risque faible, mais suffisant pour poursuivre le traitement un mois, avec surveillance bio régulière, ainsi que des sérologies.
Mais vous n'êtes pas malade, en aucun cas, et ne le serez jamais.

Voilà donc que vous entrez dans la salle d'attente. Vous vous retrouvez soudain cernée de posters sur les associations d'écoute des malades du sida, d'aide aux malades du sida, de lutte contre le sida. Sur toutes les tables, des dépliants d'information ou associatifs à propos du hiv.

Tout cet environnement ricanant la maladie ayant tendance à interférer avec votre mantra rassurant, vous fermez les yeux, écoutez votre baladeur susurer bouquets de nerfs, et tentez de rester rationnelle. Comme avant d'entrer, je vais bien tout va bien sauf que vous êtes un peu plus verte.

Il y a aussi une étape amusante, qui vous permet d'exercer vos talents de pédagogue : c'est expliquer à votre famille, qui va vite avoir du mal à ne pas voir, si vous passez plus de 24h en leur présence, a) les cachets -quoique, c'est dissimulable ; b) votre perte d'appétit, alliée à une étonnante facilité à éliminer par voie rétrograde les aliments ingérés ; c) que vous fatiguez très vite -après quelque temps de traitement,
c'est expliquer à votre famille donc "je suis sous trithérapie pour un mois, mais c'est pas grave".

Essayez, c'est vraiment drôle.

Au début votre maman vous parlera comme à une agonisante, votre père pâlira, et vous ne préférez ne pas savoir ce qu'en dit votre grand mère, tout ceci n'aidant vraiment pas à être rationnelle soi même.

Car lui elles et vous même, en dépit de toutes les données objectives, avez du mal à faire taire ce 0,1%. 0,1%, "quasiment" aucun risque, c'est un vide trop lancinant pour être totalement ignoré, c'est un élancement régulier, comme les premiers jours, lorsque la pulpe de votre doigt vous faisait mal en écrivant, alors que vous aviez oublié -un instant- cette piqûre.

C'est un nid dont la taille varie en fonction de votre humeur, degré de fatigue, moral ; qui ne se referme jamais tout à fait et où se loge l'irrationnel.
Où se loge un fils, frère et oncle, mort, assez peu joliement, en 95. Le lecteur s'il a eu le courage de lire jusqu'ici, devinera aisément de quoi.
Non, lecteur, c'était pas la grippe aviaire.

Bref, contrôle à un mois, que j'ai attendu pour faire ce post -le suspens macabre quand il est à mes dépends ne me plaît guère-, séroneg, et on arrête le traitement.


Ma famille a eu, perceptible depuis son lieu de vacances, même par téléphone interposé, une joie étonnemment explosive pour des gens qui affirmaient suivre mes conseils et "ne pas s'inquiéter".

Quant à moi, un mois de traitement avait finit par rendre le "peut être" inaudible, et cette fin de mois est surtout l'immense satisfaction de ne plus avoir de médicaments.
L'appétit revient, les nausées s'en vont, je n'aurai plus à m'absenter en catastrophe de la visite pour visiter les toilettes du service* et revenir l'air de rien, mes quelques kilos abandonnés en route sont en embuscade, j'ai de nouveau le droit -et l'envie- de boire, la fatigue s'estompe et, même, je pars en vacances.

Ende gut, alles gut, comme disent si bien nos amis teutons.

la leçon du jour étant :

Jeune padawan, une aiguille va dans une boîte à aiguille, et pas dans ton doigt.
C'est un rite dont on se passe.

Et mince, je deviens moralisatrice.

*La classe, je sais. Mais à ma décharge, je n'y ai jamais prétendu.
**Je sais ça paraît louche comme marque de bonne santé, mais essayez, pendant un mois post partiel, de sortir fêter vos semi vacances sans boire une goutte, et vous me comprendrez.

par Ephélide
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Lundi 9 juillet 2007

Les premiers jours du premier été d'externat sont le moment d'une constatation cruelle : les vacances d'étudiant, c'est fini pour vous. Alors certes, comme beaucoup, vous aviez pratiqué de petits boulots les étés précédents, ce qui rognait bien vos vacances. Mais la différence fondamentale avec les stage d'externat était d'une part que c'était volontaire, d'autre part que c'était payé plus d'un euro de l'heure, ce qui vous permettait ensuite de partir en vacances, d'acheter des bouquins, de sortir, ou de picoler.

Réaliser le 2 juillet, alors que vous vous répartissez les vacances avec vos coexternes que, pour mettre tout le monde d'accord, il va vous falloir éclater vos 4 semaines de vacances en 2, voire en 3 fois, ne correspond pas exactement à la définition communément admise du terme "agréable". Alors quand derrière votre mère, prof, (donc paresseuse notoire), ose proférer : "ben au moins, toi, tu ne pâtis pas du mauvais temps", vous vous dites que c'est le genre de phrase qui mérite la mort. Au moins.

Parfois cependant, des petits trésors, au milieu d'une garde, vous rappellent que, tout compte fait vous avez de la chance. Les gardes aux urgences, quand vous êtes externe de "chirurgie" ont ceci d'intéressant, au moins dans mon chu, que vous pouvez être appelé pour aider au bloc, s'il y a lieu d'opérer quelqu'un en urgence. Vendredi soir dernier donc, à peine ma garde venait elle de commencer que ma présence est demandée au bloc.
Double bonheur : d'une part, j'ai l'impression que, quelqu'un, quelque part, a véritablement besoin de moi (ok, c'est pour lui donner des instruments ou tenir un Faraboeuf*, et alors ?), d'autre part, j'échappe un peu aux urgences.
Et là, au bloc, soudain, la magie, de quoi me réconcillier avec toutes les avanies de l'externat.
Je ne pourrais jamais être chirurgien, je n'en pas l'envie de toutes façons, mais c'est le genre d'opération, qui, je crois, ne peut qu'engendrer la fascination.

Transplantation Rénale.
Il y a quelque chose de profondément fascinant, presque bouleversant dans cette opération (et merde à ceux qui croiront que j'en rajoute) : voir le Greffon, pâle et froid, que l'on prépare soigneusement puis repose entre ses poches de glaces ; le patient endormi que l'équipe installe, l'abord abdominal que l'on ouvre, la loge en fosse illiaque** que l'on aménage, les vaisseaux que l'on dissèque, les anastomoses cousues avec soin ; voir tout ça vous donne le sentiment d'être témoin de quelque chose d'exceptionnel, pas très loin d'une transgression intime.

Parce que soudain, après que le chir, sans doute un peu blasé, discutant avec son interne, a détaché les clamps vasculaires ; voilà l'artère qui palpite, le rein blafard qui soudain se colore, et même, même, à peine quelques minutes après, qui se remet à pisser.
tu veux toucher ? C'est pas tous les jours qu'on touche un rein.
Certes.
C'est pas tous les jours qu'on touche un rein, pas tous les jours qu'un morceau de barbarque redevient humain, et donne un second élan à un malade. 
C'est pas tous les jours que l'on est témoin de ces choses qui, si elles semblent presque anodines à ceux qui les pratiquent, touchent à ce que l'humain a de plus animal et, paradoxalement, presque de plus sacré, et aux yeux du néophyte (que je suis) paraissent de petits miracles.

Viscéralement fascinant, dans tout les sens du terme (ahah), je me répète mais je ne trouve rien de mieux pour décrire l'émotion qui, dans l'effervescence du bloc, m'avait soudain saisie.

Et c'est pour cela, que, pour rien au monde je n'abandonnerai mon statut d'externe. Pour ces instants, qui, même peu nombreux me réconcilient avec tout.
Qui avait fait que les urgences m'avaient vue revenir après les quelques 4h d'opération, avec l'air halluciné d'un "ravi de la crèche" sous coke, et reprendre mes activités passionantes d'externe -points de suture et autres plâtres-, avec le sourire, voire, avec amour, n'ayons pas peur des mots.

Enfin presque.
Mille excuse à mon voisin qui m'a peut être entendue mugir à 5h30 du matin (j'étais couchée à 4h30, dans mon studio à 5 minutes porte à porte des urgs, espérant fermement ne pas être réveillée et finir ma nuit peinarde), "ah les coooooooooooonnnaaaaaaaaaaaaaaaaards"***. Sortie de boite, une entorse et une bagarre d'ivrogne. Donc appel de l'externe de garde.
Génial.
"Et en plus il pleut".

*C'est le nom propre des écarteurs, que je mets juste pour faire croire que je m'y connais.
**Car oui, on ne s'emmerde pas, on greffe les reins là où c'est le plus accessible : dans le bide.
***Et non, je ne ferai pas d'excuses publiques à ces salauds.

par Ephélide
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Vendredi 29 juin 2007
Si ce n'est pas la première fois que vous me lisez, vous avez sans doute compris qu'un externe change régulièrement de stage. De même qu'un interne, qu'un étudiant en soin infirmier ou en kiné (etc). Ca fait  partie du charme de nos études, en un sens. Rencontrer pour des laps de temps plus ou moins long -d'une nuit de garde à 3ou 6mois de stage-, des gens avec qui on travaille, qu'on apprécie, déteste, ou qui nous laissent indifférents, des gens avec qui l'on échange des platitudes, partage une garde éreintante ou fait face à des choses moches.

Et bien sûr, tout cela est un prétexte à multiplier les pots de départs, raison d'être presque à part entière du stage, et ainsi permettre à tout le monde d'entretenir son athérome et son diabète de type 2. La classe.

Les fins de stages se suivent sans forcément se ressembler. Selon le service, on s'évade bien heureux de quitter les uns (va crever en enfer GC), mais en regrettant vaguement les autres (une chir viscérale adorable qui me prédisait un destin de chir, quelle blague) ; ou on s'en va avec une vraie nostalgie comme cette fois, pour moi.
Spécialité agréable, ambiance dans le service de franche bonne humeur (quand le très brillant chef de service vous raconte quel boulet d'externe il était, ou fait des blagues réccurentes sur sarko zy (oui c'est très facile par les temps qui courent, et alors ?) ou même ose le douteux "quelle est la différence entre un pédiatr et un pé do phile ?", comment ne pas aimer la visite malgré les questions ?) mâtinée de quelques coups de sang de Panda, 3 coexternes -sur 6 que nous étions, très sympas, et des internes timides, drôles, calés ou pédagogues, mais tous très bien une fois la glace brisée.
Trois mois, c'est suffisant pour commencer à développer un syndrôme de stockholm vis à vis de son supérieur (Panda est un vrai stressé mais un faux méchant croit on comprendre), une admiration sans bornes vis à vis d'un chef de clinique ou de service, ou d'un interne, des complicités entre co externes -ou des animosités durables-.
Trois mois c'est parfois tout juste suffisant pour parvenir à comprendre comment se comporter avec chacun, et, juste quand, enfin, on ose vanner un chef, blaguer avec la monumentale secrétaire, quand l'on connaît les infirmières avec qui l'on peut rire et celles avec qui l'indifférence mutuelle est préférable, juste quand l'on commence à appréhender les spécificités de la spécialité du service, il faut partir.

Il faut quitter tout ça. On fait un pot, voire deux. Puis, le dernier jour, on fait la tournée des adieux, exercice d'équilibriste, difficile d'exprimer une gratitude sans en rajouter, envers des gens habitués à voir défiler les externes, de se quitter finalement. Bon, avec les GC, c'est aisé (au revoir, et va crever), mais avec les "vraiment bien", c'est moins évident. Surtout si, en cette fin d'année lassante, vous êtes d'humeur amoureuse, la (plus ou moins) vague attirance que vous aviez pour votre interne favori s'amplifiera et ...-soupir-. Les platitudes sont parfois les maladresses de ceux qui se regretteront, au moins un peu, mais sont suffisament habitués aux rencontres éphémères pour ne pas jeter en l'air des promesses de rester en contact.

Pas vraiment le temps de pleurnicher, c'est aussi ça l'externat, lundi, nouveau stage, nouvelles marques à trouver. . Voilà qui me fait gagner une précieuse heure de sommeil.

Une chose va franchement me manquer, dans la pédiatrie, c'est cet irréductible élan vers le mieux, la guérison, le parfait.
Les exigences cliniques pointues, la vie normale que l'on vise, même pour un gosse atteint d'une maladie chronique, même si c'est très grave, même si c'est parfois de l'ordre du rêve, on espère la guérison, parce qu'il est intollérable de ne pas tout tenter (dans les limites de l'humain), parce que tout autre visée serait insupportable.
Si chez les vieux, les objectifs sont plus lâches car parfois innateignables, chez l'enfant il y a cet optimisme et cette exigence, qui rendent les échecs d'autant plus durs, plus cruels mais qui font que les choses sont stimulantes, au quotidien. Bien sûr il y a les frustrations - H -, les insupportables échappements thérapeutiques, les situations sociales "difficiles".

J'ai sacrifié aux clichés, l'un de ces rats m'a refilé ses microbes. Petit ingrat.

Remarquez, je suis injuste, les adultes font ça très bien aussi, vous contaminer. une patiente m'a toussé à la gueule dix bonnes minutes pendant ma dernière garde avant que j'arrive à lui faire dire que sa soeur avec qui elle vit avait eu la tuberculose 5mois auparavant. Sans qu'elle ait bénéficié de prophylaxie. Super. (instruisons nous en nous amusant, je rappelle à mes chers lecteurs que le BCG s'il protège relativement bien des formes graves de tuberculose, ne protège qu'à 50% des formes pulmonaires. Si je me mets à tousser d'ici quelques temps, je saurai pourquoi. Super, bis.)

par Ephélide
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Samedi 2 juin 2007
A quelques jours des partiels, de nombreuses questions existentielles taraudent les externes moyens que nous sommes. Du coup nous enquiquinons les internes.

Coexterne, rendu perplexe par la moultitude de diag. différentiels des douleurs pelviennes :
"Mais alors comment tu fais la différence entre une femme jeune qui fait une appendicite un peu bâtarde et une femme jeune qui fait une salpingite latéralisée à droite un peu bâtarde ? En faisant la coelio ?"

Interne :
"Oh, non, c'est facile, très facile, et pas invasif. Tu le fais au moment des touchers pelviens en fait."

Coexterne et moi même, en coeur
"T'en profites pour faire une Echo ?"

Interne
"Ben, non, c'est juste que la salpingite, c'est celle qui a une culotte en dentelle noire".



(est il vraiment besoin de préciser que la salpingite est due à des germes de MST ? La bitch, comme dirait Coexterne.)
par Ephélide
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Lundi 28 mai 2007
Mardi dernier à la visite :
Panda :
"Au fait les jeunes, inutile de vous rappeller que le lundi de pentecôte n'est plus un jour férié, n'est ce pas ?"

Ce matin dans le service :
Tous les externes. Les chefs et les internes en mode "week end" (pas là, sauf les malchanceux de garde).

Quand je pense que la plupart de mes coexternes travaillant dans d'autres services sont restés couchés. Quand je pense qu'on passe une bonne partie de notre temps (enfin, à part en péd) à voir des vieux (et je ne vous parle pas de ce charmant job d'été qu'est le boulot d'aide soignant étage alzeihmer).

Quand je pense que panda ne nous autorise même pas à louper une matinée de stage à tour de rôle les matins de partiels (là où certains services vous dispensent de venir les matins précédants les épreuves) ou à partir tôt...

Quand je pense que notre salaire est forfaitaire donc que ça ne changeait rien...

Je crois qu'on s'est fait avoir
.
A sec, avec des gravillons.
par Ephélide
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