Ce n'est qu'un...

Publié le par Ephélide

Chers tous,

ce n'est qu'un au revoir (tadam)
Oui je suis comme ça, j'aime être mélodramatique.

Je pensais arrêter ce blog plus tard, un jour, à la fin de mon externat, peut être ou avant quand je m'en serai lassée, ou après, qui sait ? mais voilà que les choses se précipitent, ça sent un peu le roussi, alors j'arrête, ou au moins, j'ouvre une longue parenthèse.

Ecrire ici était bien. C'était l'exutoire de la fatigue, de la connerie.
C'était l'endroit où j'avais l'opportunité de me moquer des choses risibles -c'est à dire à peu près tout, moi incluse (c'est ma maxime, le ridicule fait l'humain, parce qu'il est cette part attendrissante de nous qui nous échappe) ; de râler sur mes emmerdes, de dire ce que je n'aurai pas sû dire autrement. 
Il est plus facile à l'écrit d'exprimer ce qu'on ressent en voyant quelqu'un mourrir, le vertige devant ce néant. L'horreur devant la vie en lambeaux d'un patients.
Ou ce qu'on ne ressent pas, parfois. L'empathie ou son absence. L'agacement.
Ecrire ici m'était (presque) nécessaire, pour cela. Cracher la colère envers un supérieur, digérer l'humiliation, ou partager un rire, un peu dans le vide, un peu pour vous, énormément pour moi, ça faisait partie d'un équilibre.

J'arrête simplement parce qu'à force de ricaner, je me suis pratiquement auto grillée (Panda m'aura perdu, je le savais !), et que, si le contenu de ce blog ne me fait en aucun cas rougir, que j'assume chaque mot, même le plus débile, pour ce qu'il était -un endroit privé- je n'ai pas envie qu'il devienne affaire publique avec des gens que je cotoie.

Oui c'est le paradoxe du bloggeur, qui balance aux autres ses petites observations, et attend un retour, qui étale sans vergogne sa vie tout en voulant la prétendre inviolée. Oui c'est hypocrite, et alors ? Mais ici j'étais libre, ce qui ne serait pas le cas, si jamais des connaissances devaient me lire. Si je devais penser aux tenants et aboutissants des mots.
Je veux être libre de dire que mon chef, mon co externe, mon interne m'emmerdent, je veux être libre de dire que je les apprécie, que les colères de mon coexterne soupe au lait de cet été me faisaient rire, que je trouve une foule de choses amusantes. Je veux être libre de tricher, de monter en épingle ce qui pour un autre a pu paraître anodin, parce que je l'ai ressenti comme ça, et que tel est mon droit.
Tel est mon droit parce que j'ai toujours cherché à préserver l'anonymat des autres protagonistes -et le mien-, ce qui est la seule solution décente pour me permettre de pouvoir affirmer que mon chef est un salaud, sans qu'on puisse venir me demander des comptes par la suite. 
Si par contre on peut deviner qui il est, qui je suis, si l'on peut deviner qui est mon co externe, ou mon interne, tout ce complique, car ils deviennent des personnes réelles, à propos de qui je dis des choses subjectives, dans un espace public.

Je veux être libre de me moquer des ridicules, et d'être fascinée par les Grandes Choses, sans avoir à m'en justifier, dans quelque sens que ce soit, ou sans avoir la tentation de m'auto censurer.

Merci à tous d'avoir pris un peu de votre temps pour me lire, de temps à autre. Merci d'avoir pris la peine de me laisser des petits mots de sympathie. J'ai été étonnée par votre nombre, d'ailleurs. Je ne pensais pas que les pérégrinations d'une externe intrigueraient à ce point.

C'est ici que s'achève mon bout de chemin dans la blogosphère.
Croyez moi, je finirai mon externat, et je le finirai avec le sourire. Même si je suis actuellement en plein syndrôme "milieu de tunnel, le 13e pilier n'est pas loin, à la différence de la lumière qui est invisible". 
Plus le temps passe, moins je crains les mandarins, et plus le risible de chaque chose m'apparaît. 
J'ai reçu récemment mes résultats d'un master que je préparais en parallèle à la fac, j'ai donc validé ma première année de master de bio, dans un domaine qui n'intéresse que moi. J'entends encore les profs qui, en deuxième année nous incitaient à faire ces doubles cursus, arguant de ce qui nous attendait en l'absence d'un double cursus : la mort ou l'impossibilité de faire une carrière hospitalo universitaire, la permière option leur parraissant de toute évidence préférable à la seconde. Il s'averra par la suite que le prof tenant ce discours cherchait surtout à avoir beaucoup d'inscrits dans sa filière. Maintenant que j'ai un premier bout de ce diplôme, cela me parait un peu vain. Comment ne pas trouver ridicule un milieu où l'on vous dit déjà de préparer une carrière alors que vous ne savez pas encore ce qu'est une rate (en dehors de celle de votre copine gothique) ? 
Bref, je suis devendue assez "indifférente voire hilare" devant les gros cons. Je crois que ça veut dire surtout dire qu'à 21 ans, mes neurones déclinent déjà. Voire que je deviens un peu frontale. Mais au moins, je m'épargne des ulcères.

Le découragement ne m'épargne pas, et je sais qu'il y aura des larmes à venir pour le concours futur -je me souviens de ma P1, je me connais.
Mais alors même que je m'atermoie, je me trouve ridicule, un peu..

Si un jour, un un hopital parisien ou de banlieue sud (ou d'ailleurs, si mon internat m'exile) vous croisez une jeune blouse blanche, ce sera peut être moi. Si elle fait tomber son marteau réflexe et se cogne dans votre table de chevet en se penchant pour le ramasser (ou dans l'encadrement de la porte en sortant), c'est moi. Ou ma soeur spirituelle. Laissez lui une chance, elle est un peu moins nulle qu'elle n'en n'a l'air.

Un jour peut être, je serai XXX (complétez par mon envie du moment) -dans l'idéal-  ou Médecin Généraliste (sans regrets). Un jour, peut être je partirait avec msf, si j'en trouve le courage (car rien n'est plus facile que de promettre pour jouer à la chic type, quand rien ne nous y engage). Au moins une fois, pour ne pas mentir à ce qui m'a fait m'embarquer là dedans.

Je garde sous le coude mes articles, je griffonerai encore, pour moi, pour ne jamais m'entendre dire "gueule sur l'externe, c'est fait pour ça".

Mais je ne vous le souhaite pas de me croiser. Moins on voit de blouse blanche, mieux on se porte.

D'ici là, merci encore, et bon vent à tous.
Poil au pouce.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

maxene 09/03/2009 17:20

Je viens de découvrir tout le blog d'un coup, quel choc! Je me suis revue dans mes jeunes années d'étudiantes hospitalières (il y a 10 ans tout juste). Les mots sont très justes, on s'y croirait... Je me plais à penser qu'il existe encore des étudiants capables de sortir de leurs études sans être broyés par le système, sans perdre leur humanité. Continue à garder ton indépendance, et fuis l'hôpital, il y a une vie après!

nathalie 25/10/2008 21:11

Bonjourje viens de découvrir aujourd'hui votre blog et je trouve dommage que vous laissiez tomber comme ça. Je suis infirmière depuis 17 ans et ce que vous racontez, je l'ai vécu mais du point de vue infirmier. Votre humour est très arcastique et très juste!!!! je souhaite que vous réussissiez votre internat, suite logique des choses et que vous laissiez tomber les abrutis qui vous ont fait ch... J'ai travaillez pendant des années aux urgences et en réa et les petits trous du c.. qui ne se sentent plus p... je les ai rencontrés. Ne désespérez pas et s'ils arrivent à savoir qui vous etes et bien tant pis !! Celà les fera peut etre réfléchir sur leur facon de faire.Bon courageNathalie

Julien 12/10/2008 23:46

Salut!Je refaisais un petit tour au cas où, mais non, rien de nouveau…Mince, c’est un crime de nous priver de tes textes après nous avoir offert tout ça!Alors s’il te plait, dis moi où je peux te lire désormais!Julien, interne à Lille.

Inès 10/08/2008 21:02

Ca me manquera..

Aurore 14/07/2008 12:33

Alors, ce blog est vraiment terminé, bouh!Tu vas bien?