Génèse d'un monstre.

Publié le par Ephélide

Quand on commence à faire des stages, à aborder tout ça on se jure à soi même et au monde entier, jamais je ne serai un de ces monstres d'insensibilité.  Jamais.

La semaine dernière, c'est un rêve qui m'a secouée le vendredi matin, bien avant mon radio-réveil.
Les temps y étaient troubles, et je croyais aider des gens, mais en réalité je les tirais vers un autre enfer.
A un moment j'ai choisi de fuir et de laisser tomber, par peur, pour moi -l'affaire était dangereuse voyez vous-, et aussi parce que je ne voulais pas choisir entre ne rien tenter et les laisser périr ou faire quelque chose et les précipiter dans quelque chose de pire. (soit dit en passant c'est tellement mégalo que c'en est pitoyable). Ma lâcheté ressort la nuit.
Mais au final, les évènements me rattrapaient jusque chez moi. Et me réveillaient.


Le matin précédant cette nuit, au saut du lit de garde, j'ai vu un mort. On a bipé le sénior que je doublais, et je suis allée avec lui dans le service qui le réclamait. A moitiée réveillée, je n'avais pas compris ce dont il s'agissait. Quand je suis entrée dans la chambre, je suis tombée sur le corps. Il était mort à n'en pas douter et il n'avait rien à faire, pas même à tenter.
La propreté de la chambre, son lit défait à l'arrière plan et sa veste de pyjama déboutonnée rendaient la scène indécente de banalité.

J'ai aidé les infirmières à le mettre sur son lit, il pesait une tonne et me glissait des mains. Et j'avais beau chercher, je ne ressentais rien.
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